Dimanche 27 avril 2008
Il a vécu la montée depuis les tribunes. Une souffrance pour ce vieux soldat appelé à s'exiler sans l'intervention de Xavier Gravelaine en début de saison. Baladé sur le terrain, Frédéric Da Rocha a encore tenu son rang en capitaine exemplaire. Retour sur un an de purgatoire.



Le FC Nantes de retour parmi l'élite, ce n'est que logique ?

C'est bien, conforme, je ne sais pas. Pour moi, le FC Nantes n'aurait jamais dû descendre. Maintenant, c'est que nous l'avions mérité, vu nos résultats de la saison dernière. Je suis satisfait, car nous avons su répondre présent alors que beaucoup de monde se posait des questions à notre sujet. Il va maintenant falloir trouver une certaine stabilité.

Sur la ligne de départ, le FCN disposait tout de même du plus gros budget et de joueurs cadres plus expérimentés ?

Oui, mais on partait dans l'inconnu. Ce n'est jamais évident de faire prendre la mayonnaise avec autant de nouveaux joueurs. Et puis, nous étions l'équipe à battre, la bête curieuse de la L2. On l'a bien ressenti. Ça se lisait sur le visage de nos adversaires, surtout quand on allait chez les petits. On a répondu présent mentalement, au niveau comptable, même si le jeu n'était pas là.

Quels sont les moments importants à retenir ?

La victoire contre Reims (5-0) à la Beaujoire. Elle a lancé notre saison. Ce soir-là, j'ai senti que nous pouvions faire un truc, direct. Après, il existe des matches clés au cours desquels nous avons su répondre : Troyes, les deux confrontations face à Grenoble, Bastia. Le seul regret reste nos deux défaites face au Havre (0-1).

« Je la dédicace à Xavier Gravelaine »

Ce groupe était différent de ces devanciers ?


Comment dire ? Comparé à la saison dernière, il y avait moins « de starlettes » ! Des gens simples, qui pour la plupart avait connu la L2 et surtout avaient envie de faire remonter ce club. Vu notre première partie, j'étais serein. Le seul danger qui nous guettait, c'était ces arrivées échelonnées. Ça peut toujours faire dijoncter un groupe. Il a su tenir bon.

Par quel biais ?

Quand on est en tête, on n'a pas envie de lâcher cette place. Notre objectif consistait à rester dans les deux premiers. Il ne fallait surtout pas être la souris. La preuve avec Troyes pour qui cette fin est difficile. Les gars ont mis de côté leurs petits caprices individuels pour que tout le monde soit récompensé à l'arrivée. Je tire un coup de chapeau aux joueurs.

Vous avez été critiqué sur le jeu ...

D'accord, mais quand je vois celui pratiqué par certaines équipes, je n'ai pas l'impression que nous étions tous logés à la même enseigne. Je dis également que l'on a trop souvent oublié le contexte, le fait que nous ayons pratiquement jamais évolué avec la même équipe, que hormis deux matches où nous sommes passés totalement à côté (Gueugon et Libourne), on s'est toujours créé des occasions. Sans oublier le fait que nous soyons la deuxième attaque et la meilleure défense du championnat. Quelque part, on n'a pas été aussi ridicule que cela.

« L'avenir ? Ça se résume à la formation »

Quel souvenir vous laisse cette L2 ?


Techniquement, tactiquement, c'est totalement différent de la L1. Ça explique pourquoi nous n'avons pas toujours été fantastiques. D'ailleurs, je remarque que face à des équipes qui jouaient au ballon, on a fait de beaux matches. Tactiquement, il faut sans cesse être derrière les gars en L2 car le moindre relâchement tu peux le payer.En revanche, physiquement, ça tient la route.

Personnellement, elle n'a pas été trop longue cette saison ?

Je suis surtout content qu'elle se termine ainsi. Même pour nos supporters, c'est tout de même mieux de jouer Lyon ou Marseille. Je leur tire un coup de chapeau. Faire une moyenne de 20 000, c'est magnifique. Attention, certains matches, j'ai pris du plaisir. Le premier face à Reims, c'était le summum. La victoire contre Boulogne, j'ai aimé. Lors de beaucoup de rencontres, j'ai lutté, fait le métier comme on dit... En tout cas, malgré mes 33 ans, j'ai appris certaines choses par rapport à des joueurs, des systèmes. On apprend toujours.

Vous la dédicacez à qui cette montée ?

S'il y a une personne à qui je dois la dédicacer, c'est à Xavier Gravelaine. C'est lui qui est venu me rechercher. J'ai aussi une pensée pour Nicolas Savinaud. J'aurais bien aimé qu'il soit là pour connaître ce moment avec moi.

Et l'avenir ?

Ça se résume à un seul mot : la formation. Il n'y a pas d'autres recettes. C'est ce qui faisait de Nantes un club à part. Il faut retrouver ça, même si ça exige du temps puisqu'elle a été cassée. Dans trois, quatre ans, je ne serais peut-être plus là.... Remonter, c'est bien, il va maintenant falloir s'armer. Quant à savoir si ce groupe est capable de se hisser au niveau de certaines équipes de L1 ? Je ne sais pas. Il y a du boulot. Le plus important sera d'engranger de la confiance dès le départ, d'être tout de suite dans le bon tempo. On l'a vu cette saison.


Recueilli par Ch.DELACROIX.

Ouest-France
par korrigans naonedis publié dans : La maison jaune
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