Vendredi 16 mai 2008

C. Larièpe contre fcnantais.com au tribunal

Le directeur technique du FCN attaque en justice le directeur de publication de ce site internet et un journaliste pour diffamation. Confrontation, hier.

Christian Larièpe, directeur technique du FC Nantes, s'est retrouvé, hier après-midi, assis non pas dans la tribune de la Beaujoire, mais sur le banc de la partie civile face au tribunal correctionnel. Pour assister au procès en diffamation qu'il intente à Frédéric Porcher, le directeur de publication du site internet « fcnantais.com », et à Bernard Verret, un journaliste professionnel de 62 ans.

 

Ce dernier écrivait, le 5 février dernier, au sujet du plaignant : « [...] une faillite à Lausanne, un emploi de subalterne à Marseille, c'est un peu court comme références. D'autant que des leçons phocéennes, il ne semble avoir retenu que le plus nauséeux : faire du commerce d'abord, du foot, éventuellement, après. » Tel est donc le passage incriminé, sur lequel le tribunal de Nantes entendait les deux parties concernées.

Ce site, « indépendant et non officiel », comme le précise Frédéric Porcher, 44 ans, seul prévenu présent à l'audience, abrite d'ailleurs toujours l'article visé. « 2 000 visiteurs », estime-t-il, viennent chaque jour le visiter. En outre, les couleurs du club, jaune et vert, y sont reprises.

Christian Larièpe vient dire à la barre : « Entre la critique et la diffamation, il y a quelques barrières à ne pas franchir. » Au sujet de ses missions à l'OM ¯ entraîneur de l'équipe réserve et en charge de la post-formation ¯, l'actuel directeur technique du FC Nantes déclare, fièrement : « Je souhaite à tout le monde mon emploi de « subalterne » à Marseille. » Pour l'avocat de la défense, Me Yann Choucq, Christian Larièpe n'était « pas officier général, mais subalterne » à l'OM, arrivant au « 7e rang hiérarchique dans le staff technique ».

S'agissant de la faillite du club de Lausanne, il y a quelques années, où Christian Larièpe a officié comme directeur sportif, l'avocate de celui-ci, Me Muriel Le Fustec, assure que « la faillite financière ne peut être imputée à M. Larièpe ». Me Choucq lui rétorque, très offensif : « Il négociait les transferts. Il a contribué à la faillite du club de Lausanne. »

Le troisième et dernier écrit, jugé diffamatoire par le salarié du FC Nantes, concerne donc la primauté que celui-ci, selon le journaliste, semble donner au commerce des joueurs, oubliant « la beauté de leur jeu », dixit Me Choucq. Christian Larièpe, plus tôt, certifiait : « Il n'y a qu'une finalité : la réussite du joueur [...] »

Et il n'y a, pour l'instant, qu'une certitude après ce procès « disputé » : le jugement tombera le 12 juin.

Ouest-France
par korrigans naonedis publié dans : La maison jaune
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